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26/11/2014

Treize - Seth Patrick


Il y a quelques années, la vision de la mort a été considérablement bouleversée. En effet, c'est à cette période que Daniel Harker a révélé au monde l'existence des Revivers, personnes capables de communiquer aux morts pendant quelques minutes. Plus qu'une aide apportée aux familles pour faire leur deuil, une branche spécialisée de Revivers assiste les enquêteurs dans la résolution de meurtres, en général particulièrement violents.

 
Malgré un thème qui pourrait vite être exploité de manière sensationnaliste, l'auteur évite le plus souvent les écueils du pathos et du larmoyant quant à la résurrection des victimes. D'ailleurs, les scènes de "revival" sont convaincantes et les explications scientifiques à ce phénomène plutôt bien trouvées et approfondies.

Mais, une fois encore, si le background développé par l'auteur est très intéressant et plutôt novateur, l'intrigue principale à base de révélations et de complots n'a pas réussi à me transporter. C'est en effet tout le problème que j'ai quand les éléments fantastiques apparaissent dans notre monde connu c'est que je ne peux m'empêcher d'être dubitative et de trouver peu crédible. (Au moins, en fantasy et dans une grande partie des romans de SF, on sait tout de suite que l'on n'est pas sur Terre ou alors dans un futur tel que tout (ou presque) devient possible et imaginable.)

J'en retire tout de même un bon divertissement au style cinématographique et prenant qui, s'il ne m'a pas totalement séduit par une intrigue qui vire à l'aigre et au too much métaphysico-scientifique (sans oublier l'indispensable histoire d'amour), n'en reste pas moins un satisfaisant page turner au dynamisme rafraîchissant.

Ils l'ont lu : LeaTouchBook, Gruz

06/10/2014

Chambre 507 - J.C. Hutchins & Jordan Weisman

 
Le décor donne tout de suite le ton. Brinkvale : mi-asile psychiatrique, mi-purgatoire, tombeau creusé dans le grès pour y accueillir les pires criminels de New-York. Le froid et les ténèbres y règnent en maître, augmentant un peu plus le sentiment d'asphyxie et de malaise qui suinte des pages de Chambre 507. Sueurs froides assurées !
 
C'est d'ailleurs dans cette fameuse chambre que Zachary Taylor - art-thérapeute nouvellement engagé - va devoir statuer sur la responsabilité pénale d'un supposé tueur en série aveugle. Et pour que Zach parvienne à ses fins et réussisse à boucler son dossier avant le jugement de Martin Grace, il devra exhumer les fantômes du passé ; ceux de son patient tout comme les siens.
 
"Donnez-moi vos rebelles, vos exaspérés, qui en rangs serrés aspirent à penser libres... Et enterrez ces malheureux là où personne ne les entendra crier.

Un boulot de fossoyeur qui le fait peu à peu sombrer dans la paranoïa, à mesure que ses découvertes précisent le rôle de Grace (et de l'Homme sombre) dans la douzaine d'homicides que ce dernier est suspecté d'avoir commis malgré des alibis en béton armé. Réalité ou fiction ? Où s'arrête l'auto-suggestion et où commence la folie ?
 
Alors que les débuts reprenaient les codes plutôt classiques du thriller, on plonge rapidement dans le fantastique paranoïaque avec délire de persécution etc... Mais au lieu d'en user avec parcimonie, notre duo d'auteurs en abuse, donnant lieu à des scènes purement invraisemblables. Un style too much qui perd le lecteur dans une intrigue déjà foisonnante en révélations.
 
Malgré des débuts prometteurs et une intrigue haletante, le synopsis s'avère trompeur et les morceaux de puzzle disséminés ici et là ne s'assemblent visiblement que dans l'esprit du personnage principal. En effet, la fin ne tient pas toutes ses promesses et laisse bien des mystères irrésolus, abandonnant le lecteur dans le noir le plus complet. La seule question qui se pose alors est : Avez-vous peur du noir ? Si tel n'est pas le cas, Chambre 507 saura peut-être vous satisfaire.
 
Ils l'ont aussi lu : Gruz, Book en Stock, Unwalkers