La fin de la seconde guerre mondiale a sonné et il est maintenant temps pour la société française anciennement collabo de se refaire une beauté ; montrer à tous que la France ne trempe dans ce genre de "choses" et punit sévèrement ceux qui contreviennent à cette idée. C'est justement pour fuir ces chasses à l'homme, l'avilissement et la honte qui suivent la tonte et parfois le viol des "salopes" ayant couché avec l'ennemi, que quatre frères et sœurs décident de s'emmurer volontairement dans une maison isolée et de se couper du monde extérieur.
S'ensuit un enfermement de près de quarante ans, une lente et terrible auto-destruction sur fond de conflits fraternels dont la violence dépasse l'entendement. On aimerait ne pas avoir à y croire, bercé par l'illusion que tout cela n'est que fictif, mais la quatrième de couverture nous rappelle brusquement à la réalité. La fin est d'ailleurs d'une ironie macabre quant au voyeurisme et à la passivité mêlée d'une population qui sait (ou suppose) mais ne dit rien puis passe à autre chose comme un page qu'on tourne.
"Comment avaient-ils réussi à descendre si bas sur l'échelle de l'humanité ? Il n'y avait pas d'explication. Il n'y avait jamais de motifs aux enfers qu'on se forge. Seulement des prétextes."
Condensant en moins de 150 pages l'étendue de la folie humaine, Claude Ecken nous plonge dans un huis-clos sordide où chaque page apporte son lot d'atrocités : viol, sadisme, perversion, inceste, torture... qui laisseraient pantois E. Zola lui-même devant tant de cruauté.
Un cauchemar qui prend vie sous la plume aseptisée d'Ecken et nous fait suffoquer d'horreur, comme si les murs de ce huis-clos se renfermaient sur nous pour nous y enterrer vivant. Traumatisant.
Un cauchemar qui prend vie sous la plume aseptisée d'Ecken et nous fait suffoquer d'horreur, comme si les murs de ce huis-clos se renfermaient sur nous pour nous y enterrer vivant. Traumatisant.

