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24/10/2014

Deuxième personne du singulier - Daryl Gregory

 
Thérèse est une jeune fille décédée d'une overdose de Z(en) deux ans auparavant. Enfin, presque morte, vu qu'elle sort finalement de son coma de "zombitude" mais avec beaucoup de difficultés à se rappeler son passé. Et c'est là que commence réellement son very bad trip !
 
Etrangère à son propre corps et à l'image que les autres lui renvoient de la personne qui, en quelque sorte, partageait son corps précédemment mais n'existe désormais plus. Difficile quand on doit retourner vivre chez des parents que l'on ne connaît pas...
 
Plus que l'histoire de Thérèse, c'est la problématique de l'identité qui est ici mise en avant, le fait d'être à la fois même (physiquement) et différent (mentalement). C'est en tout cas intelligemment traité et expliqué, l'auteur sortant encore une fois des sentiers battus de façon à aborder un sujet potentiellement vu et revu avec originalité. J'espère donc que les éditions du Bélial' continueront à nous faire découvrir l'étendue de son talent !

Seul bémol, mais pas des moindres, la fin est vraiment décevante et tombe comme "un cheveu sur la soupe", faisant un peu tache comparé au reste de la nouvelle. Dommage mais pas de là à remettre en question la nouvelle entière.
 

09/10/2014

A l'affiche #1 : Spécial Zombies

Enthousiasmée par le Zombies Challenge lancé par Cornwall, je me suis décidée à visionner plusieurs films/séries à base de zombies. Bien que ce genre ne soit pas celui que j'affectionne le plus, ça reste tout de même un bon moyen de se divertir, calé bien confortablement devant sa télé.

Adapté du très bon World War Z de Max Brooks, ce film éponyme partait déjà avec un gros avantage. Malheureusement, la production hollywoodienne tombe vite dans le pathos, atteignant des records de cucuterie grâce à un tragique : "Dites à ma famille que je l'aime !" et une scène de réconciliation entre les méchants palestiniens et les gentils israéliens, chantant ensemble des "Shalom" à tue tête pendant qu'à côté des gens se font bouffer... Pfff. 

Malgré tout, les blockbusters de ce genre ont aussi la qualité de toujours nous tenir en haleine. J'ai quand même passé un bon moment et c'est déjà bien. 

***

Comme d'hab' (et à tort parfois), quand une série fait le buzz l'un de mes premiers réflexes est de ne pas vouloir la regarder. Ce fut le cas pour The Walking Dead mais comme l'engouement s'essouffle un peu autour de moi, j'ai décidé de me lancer et d'en visionner la première saison. Verdict : Même si les visuels post-apo sont cools et bien rendus, que le maigre suspens nous fait tout de même tenir, je n'ai pas réussi à m'intéresser aux personnages qui n'arrivent pas à égaler ceux des comics. En résumé, la série TV n'est qu'une pâle copie de la série de comics à quasiment tous niveaux. C'est donc une déception qui ne m'encourage que plus à continuer la lecture des comics. Presque une bonne nouvelle en sorte.

***

Traitant de façon un peu border-line la thématique du zombie, Les Revenants est une série française (cocorico) portée par le jeu de ses acteurs et une ambiance sombre. Contrairement à 90% des autres séries, celle-ci ne tombe pas dans la facilité avec du suspens et de l'action à tout va et c'est justement l'un de ses points forts. Chaque épisode se focalise sur un personnage et nous permet de mieux comprendre son histoire et sa psychée. 

Si la lenteur de l'intrigue pourra en gêner certains, elle est pour ma part essentielle à l'intrigue générale et surtout à l'ambiance. J'ai appris depuis qu'il y aura une saison 2 et j'ai vraiment hâte de pouvoir la visionner au vu de la qualité de cette première saison mais aussi de sa fin qui apporte plus de questions que de réponses !
 

http://the-last-exit-to-nowhere.blogspot.fr/search/label/Zombie

29/08/2014

L'Éducation de Stony Mayhall - Daryl Gregory


John "Stony" Mayhall pourrait être un adolescent comme les autres, à l'exception peut-être du fait qu'il ne respire pas, que sa peau est grise et froide et qu'aucun sang ne coule dans ses veines. C'est un zombie me direz-vous alors ? Oui, mais pas un zombie comme les autres. Car l'auteur réussit bien à détourner l'image populaire du zombie écervelé et paradoxalement mangeur de cervelle en faisant de Stony un être humain sensible et sensé, personnage très attachant que l'on suit sur plusieurs décennies, de la non-vie à ... la non-vie.

Tout d'abord, le contexte, s'il n'est que peu évoqué, est important pour comprendre la suite de l'histoire. A la fin des années 60 a eu lieu la première vague d'épidémie zombiesque et près de 70 000 personnes furent contaminées puis abattues par le gouvernement américain. Depuis, des équipes de Fossoyeurs traquent les zombies solitaires qui auraient échappés à l'extermination, de peur d'une nouvelle épidémie qui éradiquerait tous les "souffleux" de la Terre.

C'est dans ce contexte de chaos et de peur que la famille Mayhall recueille un nouveau-né, apparemment mort de froid dans la neige. Attention, vous ne trouverez pas ici de scènes gores, de corps explosés viscères à l'air comme nous en régale souvent la série de comics Walking Dead. Mais ce n'est pas plus mal car l'une des grandes qualités de ce roman est qu'il arrive à sublimer le banal quotidien d'une famille (presque) normale grâce à des personnages authentiques dont les comportements sonnent tellement vrais qu'ils en paraissent réels, palpables. Un huis-clos à la fois chaleureux et oppressant, qui exacerbe les émotions des personnages et la façon dont nous - lecteurs - les ressentons. Un début très réussi !

Après cette première partie sur l'enfance/adolescence de Stony que l'on pourrait qualifier de classique, l'histoire prend une tournure différente, bien plus déjantée, jouant avec les codes du genre pour mieux les contourner. On en apprend aussi plus sur la nature des zombies et leur psychologie, une communauté à part avec des caractéristiques qui lui sont propres : croyances, revendications, espoirs et dissensions. Un savant dosage de fun, d'humour noir MV (comprendre Mort-Vivant) et de suspens mais aussi de scènes à l'atmosphère plus sombre, parfois dramatique.


"Ces souffleux [...] ont hâte de voir la fin du monde débouler. Pourquoi tu crois qu'ils font tant de films là-dessus ? C'est leur putain de fantasme. Ils meurent tous d'envie de voir la civilisation brûler, les lois partirent en fumée. Ils veulent que les monstres attaquent. Tu sais pourquoi ? Parce qu’alors, ils auront une bonne excuse pour faire ce qu'ils ont toujours voulu faire : descendre leur prochain."

Mais après une montée en puissance qui se conclut par un passage à Deadtown, la dernière partie du roman se révèle être la moins satisfaisante. Une fin qui parait pourtant inévitable vu le cours des événements mais traitée ici d'une manière trop conventionnelle, tranchant sensiblement avec le reste du récit qui semblait pourtant vouloir se détacher des règles tacites du genre post-apo zombie. Une fin qui m'a donc laissée un peu sur ma faim, sans toutefois entamer la qualité globale du roman.

Autre petit regret, tout l'aspect médical et scientifique à propos de la nature des zombies, leur origine et leur métabolisme est bâclé sur la fin alors que ces recherches et "essais cliniques" sont évoqués tout au long du roman et plus particulièrement dans la troisième partie. Une petite déception compte tenu du caractère hautement passionnant de ce morceau d'intrigue, resté malheureusement en friche.

Malgré une baisse de tension à la toute fin, L'Éducation de Stony Mayhall reste un roman qui se dévore d'une traite et nous tient en haleine du début à la fin, alternant avec habileté humour et émotion, passant du rire aux larmes. Grâce à une écriture très fluide et rythmée, quasi cinématographique, ce roman nous happe dès les premières pages. Mais plus qu'un excellent page-turner c'est aussi une réflexion sur la condition humaine, la différence et le rapport à l'autre. J'en reprendrai d'ailleurs bien un morceau, pas vous ?