06/08/2014

La Fin d'Alice - A. M. Homes


"Il" purge une peine pour viol sur mineur(e) depuis 23 ans dans la prison de Sing Sing. "Elle" est une étudiante banale, à qui les parents font confiance, mais qui ressent une irrésistible attirance pour les garçons pré-pubères et n'hésite pas à passer à l'acte. Tous deux, on ne connaîtra jamais leurs prénoms, sont des pédophiles. Pendant plusieurs semaines (mois ?), ils vont correspondre, s'échanger leurs souvenirs et leurs techniques pour appâter les enfants.

Œuvre ayant suscité la polémique aux USA, elle n'est sortie en France qu'en 2011. Une parution décalée en raison de l'affaire Dutroux, afin de ne pas risquer d'être accusée de faire l'éloge de la pédophilie à un moment si sensible sur le sujet. Ce roman (court pourtant) est lourd, suffocant, autant par les scènes que par l'écriture de l'auteure. Peut-être par envie de se démarquer et de se dépasser, elle en rajoute beaucoup. Trop.

Pour compliquer le tout (entre deux nausées), les souvenirs du pédophile incarcéré sont embrouillés et passent du présent au passé, de son expérience personnelle à celle de sa mystérieuse admiratrice. Des égarements et spéculations qui nous font parfois douter de la véracité même de ses souvenirs voire de l'existence de sa correspondante qu'il se serait imaginée pour mieux piéger le lecteur. 
 
"Le vrai enjeu de la pédophilie ou de la monstruosité, c'est le silence. On passe beaucoup de temps à refuser la réalité de tel ou tel événement de la vie comme de la fiction. En fait, cela n'a rien à voir avec la vérité, seulement avec notre petit confort."
 
Loin d'être une lecture de plage, La Fin d'Alice nous place dans la position inconfortable du voyeur, complice des crimes commis par le narrateur (Humbert Humbert moderne) et sa correspondante. Profondément dérangeant et pervers jusqu'à la nausée, ce roman n'est pas à placer entre toutes les mains et marque négativement celui qui fait l'effort de le lire jusqu'au bout. On lui préférera largement dans le traitement de la pédophilie le classique Lolita de Nabokov mais surtout (imho) Tigre, Tigre de Margaux Fragoso.

A déconseiller.

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